Des pins et des chênes tout autour, et une ouverture au milieu : c’est là que le bassin a été construit. Rien ne ferme la vue vers le sud, où le terrain se prolonge en friche jusqu’à la ligne d’arbres suivante. Le jardin est boisé, la piscine occupe la clairière.
Huit mètres sur quatre, trente-deux mètres carrés. Ce ne sont pas des dimensions de catalogue, mais la mesure de ce que l’ouverture permettait sans toucher aux arbres. C’est précisément l’intérêt du béton : la structure se dessine à l’endroit et à la dimension voulus, au lieu d’arrondir au format standard le plus proche. Le bassin s’aligne sur la terrasse et sur la pente du terrain, avec l’angle ouvert du côté du champ.
Une plage immergée occupe un bout du bassin, intégrée à la structure dès la conception. Quelques centimètres d’eau : on s’y assoit, les enfants y tiennent debout, on y installe un transat aux heures chaudes. Ce type d’aménagement ne se rajoute pas après coup — il se coule avec le reste.
Le revêtement est une membrane armée unie sable, en 150/100. La teinte d’abord : le sable donne à l’eau un turquoise clair, un peu vert, qui répond au vert des pins et à la pierre claire de la terrasse, là où un blanc aurait produit un bleu plus franc et plus artificiel dans un jardin aussi boisé. L’épaisseur ensuite : en 150/100, la membrane est soudée sur mesure et assure une étanchéité indépendante de la structure, pour quinze à vingt ans.
Côté eau, l’installation est entièrement régulée. Le traitement se fait au sel : l’électrolyseur produit le désinfectant en continu à partir d’une eau très légèrement salée, sans bidons ni dosage hebdomadaire, et l’eau reste plus douce pour la peau et les yeux. Une sonde redox mesure le pouvoir désinfectant réel et pilote la production en conséquence — l’appareil fabrique ce qu’il faut, quand il le faut. Un régulateur de pH corrige en parallèle la remontée que provoque l’électrolyse, sans quoi le désinfectant perdrait son efficacité. Les deux ne se remplacent pas, ils se complètent.